je voudrais mourir dans cette odeur.
je voudrais mourir à travers tes cheveux. je voudrais mourir perdu parmi toi.
je voudrais mourir dans cette odeur.
je voudrais mourir à travers tes cheveux. je voudrais mourir perdu parmi toi.
“Un fantôme est passé
Il m’a prié de tout emporter
De tout effacer
Il m’a dit de brûler les photos, d’oublier les mots
Ça m’a donné un coup au cœur, mais je n’ai plus peur. ”
~par mademoiselle C
Il pleut au loin. Je me tiens là, juste sous le viaduc, et j’entends un son de vieux vinyle qui grésille. C’est comme la pluie qui approche. La petite fille qui parle, avec sa petite voix qui vient d’on ne sait où.
Une voiture passe, des yeux me fixent et s’accrochent à moi. Lorsque les gens me regardent, je perds un peu de moi, quelques vieilles peaux mortes semblent tomber comme les feuilles d’automne. Le bruit du moteur s’éloigne et disparaît au fond de mon crâne creux.
La voiture passe et repasse tout prêt de moi, j’ai l’impression de m’émietter. Elle n’existe que sous le viaduc. Tout l’univers, juste sous le viaduc. Tout l’univers. Deux personnes. Une voiture.
Un petit choc électrique, un réveil, le retour à la réalité. Étais-je perdue à ce point dans ma tête ? La voiture est là, j’entends vaguement de la musique qui en provient. La portière est ouverte, n’attend que moi. J’ai l’impression que c’est la fin du monde, ou simplement ma mort à moi tout seul. J’entre. Je claque la portière comme si c’était la dernière chose que je ferais. J’écrase ma petitesse contre moi-même. Nous sommes deux, et le grésillement du vinyle est maintenant si clair dans mes oreilles qu’il me fait frémir.
Je ne veux pas savoir qui joue, je savoure chaque petits sons. Je ne sais pas si la voiture avance, l’inconnu à mes côtés semble ne pas m’avoir remarqué. Ma présence ne l’affecte pas, plutôt.
- La pluie arrive. Regarde comme c’est magnifique.
Sa voix est telle qu’elle se mélange à la musique et je ne l’entends pas tout de suite. Mais lorsque je regarde vraiment dans la même direction que lui, je comprends ce qu’il veut dire par « magnifique ».
Je ferme les yeux et j’écoute. Est-ce la pluie qui tombe tout près que j’entends déjà ? C’est donc ça, la pluie.
Je sors de la voiture et je vois du coin de l’œil mon ami qui fait de même. Je cours vers le chaos, je vais savoir ce que c’est, la pluie.
J’ai peur, juste un petit instant, avant d’arriver sous les gouttes d’eau qui tombent.

gâchons nos vies, fumons de la cigarette, consommons des produits cancérigènes
faisons l’amour en s’abstenant de tout
sauf de ça
perdre son temps
comme la vie
être une
roche
les hypocrites
c’est perdu d’
avance
est-ce que cela existe ?
la vie c’est ça, criss
t’as pas le choix
si vous croyez
que la résistance va cesser…
à mort les artistes.
LA FIANCÉE:
Et c’est un couteau,
Un tout petit couteau
Qui tient à peine dans la main;
Poisson sans écailles, ni fleuve,
Pour que le jour fixé, entre deux et trois heures,
À cause de ce petit couteau
Deux hommes restent sur le carreau
Les lèvres jaunes
LA MÈRE:
Et il tient à peine dans la main,
Mais il est froid quand il pénètre
Les chairs stupéfaites
Et s’arrête à l’endroit
Où tremble enchevêtrée
La racine obscure du cri.
« envie de pleurer
envie de m’abandonner
envie de crier
envie d’oublier
envie de me souvenir
envie de dormir
envie d’aimer
envie de vivre
envie de mourir
envie de comprendre
envie de savoir »
j’ai bien feuilleté sur chaque page pour voir qu’il n’y avait rien d’autre d’écrit oh si seulement elle m’avait écrit une longue lettre je me sens malade c’est la fatigue ? je me sens malade mais je ne le suis pas vraiment i wear my sunglaces at night et je fais brûler des pétards je fais le fou j’oublie les autres les tracas ou alors je me fais masser sur les toits des maisons et tout pourrait être si simple elle est une star aux cheveux rouges et je n’écris pas pour elle je n’écris pas plus pour la comédienne j’essaie je me dois de me forcer d’écrire que pour moi j’aurais dû sauter dans le canal dans les écluses pour savoir si ça fait mal pouvoir dire « ça ne fait même pas mal » être fort ne pas tombé sous les projectiles mes larmes sont allées se mêler à l’eau sale d’en bas et « parfois, tout les choix sont mauvais » c’était comme si j’avais entendu sa voix pour la première fois
et cetera
voudrais être seul avec tout le monde mais
c’est impossible
et encore j’ai cette impression d’écrire pour le monde

et le seul bruit que
j’entends
c’est moi
qui dit
rien
« allume le briquet, allume le briquet »
qu’elle me chuchote
sa peau luit dans la
pénombre
(c’est de l’essence ce liquide sur sa PEAU)
mais ce n’est pas grave je crois
elle s’éclairera
elle-même
plus besoin de personne pour te montrer le chemin tu es grande maintenant fonce tu es assez forte pour survivre
et pendant que ton CORPS brûlera
que ta PEAU se calcinera sous les
flammes
je ferai mon dîner
dans la pièce
d’à-côté

faire des photos de soi pour arrêter d’avoir peur s’affronter ne pas dire surtout pas de condoléances son père est mort on dit quoi ? tout ce que j’entends c’est le bruit de moi qui dit rien jurerais qu’elle me hait des nouvelles de personne que ce foutu silence dans ta tête dans ma tête - ne pas être comblé - s’aplatir les cheveux pour changer son visage pour se rappeler peut-être
essayer d’être
quelqu’un d’aure.

les cèdres bougent
il vente
fort
les gens sont
ailleurs
ici
il n’y a
rien
pour vous
et si
tout l’univers
tombait dans ton
œil
tout le monde
aurait besoin
de temps
voici
des morceaux
de notre temps
un citron
de la salive
une rose
des cheveux
qui poussent
n’importe où
je suis
à la fois
sur les deux côtés
de la médaille
alors pourtant
tout le monde
a besoin de temps
oui. par la poste. comme ça on se croisera pas, ça TE fera pas mal, bien sûr, parce que moi je pense plus à toi parce que moi ça me ferait rien de te revoir. t’es tellement dans ta tête. ou alors c’est moi qui l’est plus que toi. je croyais pas un jour arriver à être méchant avec toi je trouve ça triste. et toutes ces images, toutes ces vies, tous ces souvenirs dans ma tête ils sont à qui ? laisse pas de commentaire ici j’en veux pas de tes commentaires tu me fais chier de toute manière je sais très bien qu’un jour ou l’autre tu vas lire ÇA. les gens parlent de toi autour de moi je ne peux pas faire autrement que les suivre dans ce courant cette vague et alors et alors
oui ça me fait quelque chose que tu me caches des trucs oui ça me fait quelque chose que tu me dises pas TOUT c e q u e t u f a i s. j’en peux rien je veux/voudrais/voulais être ton ami ton ami
mais tu sais ça me fait du bien cette colère cette rage contre TOI je crie - et je le crie fort ! - que je n’ai plus envie de te voir que c’est bien d’être en colère contre les gens parfois
et je me sens tomber la tête qui tourne perte d’équilibre incertaine
j’ai envie que tu comprennes tu dois te dire la même chose t’as envie que je comprenne ?
incroyable cette brèche cette coupure ce manque impossible
j’écris ça et je sais très bien que ça va avoir une répercussion dans la vie Elle va sentir le tremblement de terre, va me dire des trucs que je sais déjà - voyez, un blog, ce n’est bon qu’à ça - j’avais dit que je n’écrirais plus rien de CE genre là/ ça va créer des incertitudes comme à l’habitude je vais devoir rassurer ce monde qui, on aurait dit, s’en allait chavirer à la dérive
mais non calme-toi il faut bien qu’il fasse gris, qu’il pleuve un jour pour que le soleil brille
en attendant
la vie avance et je reste un peu derrière j’ai du retard dois continuer à avancer
“Still feel it all slipping away but it doesnt matter anymore
Everybodys still chipping away but it doesnt matter anymore ” - Nine Inch Nails
Sous l’eau de la douche, je glace. Reste, de glace, sans mouvement.
Comme si ce givre.
Et si au loin, il n’y avait rien ?
Cette impression d’être compris(e).
Cela me fait tant de bien. Ces choses que je ne vois pas, mais dont je sens très bien la présence.
Ces sons, ces murmures, ces absences.
Oh ! si seulement je pouvais remplir ce vide !
Oh si seulement.
Aimerais être CE remède. Peux pas. Dois attendre.
Attendre.
Tout ça, c’est pour toi, mademoiselle C.
Des cheveux rouges, partout.
Et tout ça ne veut rien dire. Non.
-///- Je ne sais rien, suis rien. J’en suis conscient. -///-
Déjeuner en silence. J’attends. Suis seul et conscient de ce qui m’arrive.
Ce silence, comme des égratignures.
Voudrais crier, voudrais parler, voudrais voir Elle, mais aussi Elle, voudrais faire quelque chose pour changer ça.
Voudrais rendre ça simple.
Me sens vivant de l’intérieur.
Le feu donne la clarté, la brûlure donne l’éclair de lucidité.
OUI ET NON, ÇA RIME À QUOI ?
Me sens tout emmêlé de l’intérieur, trouve plus la fin ni le début.
Me dit des « ET SI » sans arrêts.
Je voulais faire de mal à personne. Je m’excuse, je m’excuse tellement.
Peur de m’en aller. Veux rester.
« T’es encore mélangé, Jay… »
C’est à la fois le pire et le meilleur moment de la vie.
JE SUIS EN VIE. J’AI MAL.

Les corps brûlent, se consument, dérapent, déchirent.
Et moi.
Et moi /// ~ Dans ce vacuum.
Comment en sortir, remplir le vide.
[…]
Je t’ai traîné jusque dans le parc, au coin de la rue. Sous la lumière des lampadaires de la nuit, tu n’avais guère un meilleur teint qu’à l’intérieur, chez moi.
L’air était tiède, ton corps, flasque, amorphe, lui, était froid.
Je me rappelle, nous avons gardé le silence durant tout le trajet, du plancher de mon miteux appartement jusqu’au gazon du parc. Ils disent que c’est poli, respectueux.
Je t’ai déposé, doucement, presque tendrement, au sol, près du seul banc qui traîne là. J’ai dû faire un deuxième voyage pour la pelle. Puis, de retour, j’ai commencé à creuser ce qui serait ta tombe.
Parfois, souvent, je m’arrêtais et je te regardais. Tu semblais concentré dans l’observation des cieux à travers le feuillage. Je te regardais et le silence prenait toute la place qu’il pouvait prendre. J’aurais peut-être aimé que tu donnes signe de vie, un clignement de paupières, un tremblement de doigts, quelque chose. Il me semble que ça m’aurait légèrement réconforté de savoir que tu étais encore (un peu) avec moi. Le vide que tu laissais, je le voyais, ce gouffre béant, ce trou dans ma poitrine.
J’ai mis toute l’attention que j’ai pu pour creuser ce trou. Je me suis imaginé la dernière fois où nous avions fait l’amour, et j’ai tenté d’y mettre autant d’intensité dans le geste que je faisais. Pelleter de la terre.
J’y ai mis de la douceur, cette douceur que tu m’as tant donnée.
Je t’ai ensuite fait glisser jusqu’à ta fosse, ton nid que j’aurais voulu douillet. Les genoux dans la terre fraîche, j’ai gardé un instant de silence. Je crois que c’est comme ça qu’ils font.
Cette envie de t’embrasser (ce manque, plutôt) que j’avais depuis que tu étais traversé de l’autre côté s’est amplifié. J’ai cherché un endroit sur ton corps bleuté, et je me suis résolu à baiser ta main droite.
Je me rappelle avoir dû m’imaginer que ce violet sur tes ongles était du vernis à ongles, que tu t’étais mise belle pour l’événement. J’ai fait un petit sourire, un sourire que je ne referai plus. Une sorte de sourire unique.
J’ai repris la pelle, doucement, et je m’imaginais jouer un morceau de piano que tu adorais. La terre noire est venue te recouvrir comme une chaude couverture, j’ai vu tes mains, ces douces mains disparaîtrent peu à peu, les ongles violets avec.
Il y avait maintenant une petite bute de terre battue dans le parc du coin de la rue. Je n’ai pas osé taper la terre, de peur de te blesser. La pluie s’en occuperait.
Je me souvenais ce que tu m’avais dit, mais je n’ai pas pu résister à le dire.
« Au revoir, Marie ».
J’ai quitté ton cimetière en faisait des pas de reculons, te regardant, essayant de voir sous la terre. Je crois avoir eu le vertige, ou quelque chose de similaire, une envie de vomir peut-être. Je me suis dit que c’était le vide qui devait faire ça. J’ai quitté le parc en pensant au lendemain.
Le lendemain, je devais faire ce que tu m’avais dit. C’était tout ce qui comptait.
Sexe : Le plaisir. Sentir l’autre de l’intérieur, être DANS l’autre. Voir clairement tous les insectes. Il me semble qu’on devrait baiser chaque jour. Baiser. Baiser. Que nous deux, puis effacer le monde, cette création dérangeante. Cultiver les cauchemars dans le même champs que les rêves – les doux rêves.
Cigarettes : C’est pour salir un peu, pour rendre maladif. L’élégance du suicide. La sensualité du geste est UNIQUE. On inhale une fumé, les restes de quelques choses, on se drogue de poison. C’est pour remplir le vide aussi, le vide des poumons. LES POUMONS, que nous oublions toujours. Personne n’aime le vide.
Polaroïds : Et les polas, c’est pour l’impatience, c’est parce que nous (JE) voulons nous – te – voir d’un autre œil, t’immortaliser, jusqu’au cas où.
C’est de la prétention, c’est de l’amour si intense que nous prenons les précautions afin qu’il ne meure jamais.

mélancolie de plastoc, toc, toc.
les couloirs /[empty]/ se vident
encore; plus
et encore plus
ton rire aigu frissons de plaisirs sur mur de droite
sont malsains ces regards, ils en disent trop.
sont malsaines mes mains sur ta peau
(c)elles qui défont le verglas qui te recouvre.
assure-moi que cette froide statue, n’est pas tiède illusion
je te sortirai de ton emballage, TA PEAU
pour n’avoir que le vrai,
l’authentique
et toute cette vermine dans ton tapis
seringue en fin de ligne, profonde dans ma peau
ta perversion est tombé en mon œil.
samedi matin, sous la petite pluie, je t’ai vu partir tu n’as pas regardé derrière, tu m’as abandonné mes larmes se sont mêlées à la pluie, ton absence m’a tuée dimanche, je crus être mort
nos paupières se toucheront,
entassé comme nous seront.
monceau de mort,
nous pueront l’inexistence.
pueront l’inexistence tous tes fils, même ceux qui n’existent qu’en imaginaire,
grâce te demanderont.
leurs ongles, souillés, pourris, pueront,
le sang, la mort, pueront ton absence.
tu auras tourné la tête, tellement hautain
nous y aurons à peine cru
et ton refus nous aura tranché la tête.
la douceur de ton refus, velours, je m’en souviens encore.
avec ces mots, je t’ai vu chaviré avec eux un peu à la manière d’un dieu chaviré avec eux, mourir avec eux tu n’es pas vraiment mort; tu n’existes plus.
les gens parlent, meurent, glissent
et je demeure coi
pareil à devant un aquarium
je les vois, ils pourrissent dans ce vase clos trop petit
j’entends les déchirures saigner, mordre
ici et là, j’exige notre écho
de devenir symbiose métallique
de ployer, car tes nudités me feront pleurer
le vase clos éclate, éclabousse
ton sourire
tachée de leurs saletés
tu pues
tu pues comme eux
répandent noir sang
rouge cœur
je te souhaite à mourir, maintenant
tu ne vaux plus rien
que ce tas de cendre.
j’y déposerai mon souffle
tu partiras légère
et avec le vent
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